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École d'État pour les futurs tatoueurs : en 2019, où en est-on ?

04/09/2019

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Les médias en ont fait leurs choux gras, et pour cause : les chiffres du tatouage ont de quoi donner le vertige. Récemment, c'est Capital qui livrait les dernières données en date sur le secteur. Le magazine économique signait la piqûre de rappel suivante :


  • En 1982, seulement 15 enseignes dédiées au tatouage étaient présentes sur la capitale.
  • En 2017, plus de 300 salons à Paris ont été répertoriés.
  • 50 % des tatoueurs de France exerceraient leur métier clandestinement.
  • En 2017, 14 % des Français possédaient au moins un tatouage, 16 % chez les femmes et 10 % chez les hommes. En 2010, seulement 10 % de la population était tatouée.

Phénomène sociétal à part entière, l'encrage s'invite dans chaque région de France par ses studios, de plus en plus nombreux, mais également par ses conventions. Au mois de septembre 2019, c'est par exemple l'Auvergne qui illustre le phénomène, avec l'Aurillac 

Pourquoi une école d'État pour les futur·es tatoueur·ses ?

Depuis plusieurs années, l'association Tatouage & Partage milite pour l'ouverture de la toute première école d'État en France dédiée aux aspirants tatoueurs et tatoueuses.

Aujourd'hui encore, la rencontre des mots « école » et « tatouage » fait grincer des dents certains acteurs du secteur. Et pour cause : à l'heure actuelle, qui dit tattoo dit école privée – et privée, uniquement.

Dans le pays, elles sont nombreuses à proposer à leurs étudiant·es des formations à prix d'or. La conséquence est que l'apprentissage ne répond plus à des questions de mérite et de talent, mais à de purs motifs financiers. Et le tout, selon des programmes d'enseignements pas toujours pertinents…

Chez Tatouage & Partage, nous croyons à un diplôme ; mais nous croyons à un diplôme d'État, pas à un diplôme donné au plus offrant. Notre association se bat pour que ce diplôme soit remis à l'issue d'une formation financée par l'État, délivrée en alternance. Pourquoi ? Parce que c'est, pour nous, la seule solution pérenne et valable pour juguler l'afflux massif de tatoueurs sur le marché, et pour garantir aux futurs tatoués que ceux qui les encreront demain auront suivi plus qu'un simple stage à l'hygiène de 21 heures (la seule condition, aujourd'hui, pour pouvoir légalement tatouer sur le territoire).

Un vrai statut pour tous les tatoueurs de France et une transmission du savoir facilitée

L'objectif d'une formation d'État est intimement lié à l'obtention d'un vrai statut pour tous les tatoueurs de France, et à la facilitation de la transmission du savoir entre professionnels du tattoo actuels et en devenir. Aujourd'hui encore, un constat amer fédère l'ensemble de la profession : à l'heure actuelle et ce, malgré la popularité croissante du tattoo, il n'existe toujours aucun statut lié au métier de tatoueur.

Le tatoueur officiant en France n'est ni un artiste, ni un artisan : il appartient à un corps de métier hybride aux contours mal dessinés. Pis encore : il ne peut pas bénéficier des mêmes conditions de protection que d'autres corps professionnels.

En dépit de ces progrès, une question restait en suspens : celle du statut du tatoueur. Tatouage & Partage milite pour l'obtention d'un statut d'artisan pour tous les tatoueurs, et d'un statut d'artisan d'art pour la minorité de tatoueurs proposant une production unique de l'esprit – autrement dit ceux pouvant répondre à la définition d' « artiste ».

Avec le statut d'artisan simple, notre association pense aussi aux tatoueurs, majoritaires, qui vont effectuer une simple prestation de service en répondant à la demande d'un client. Ce statut d'artisan n'empêche pas d'être inscrit à la Maison des Artistes pour des œuvres originales et uniques. Une TVA différente s'appliquerait pour le statut d'artisan d'art et pour le statut d'artisan simple, comme le souhaite une grande partie de la profession.

Obtenir un statut pour tous les tatoueurs de France, c'est obtenir un cadre tangible pour ces mêmes professionnels. C'est aussi obtenir la possibilité de transmettre un savoir en toute légalité (car quel apprenti peut encore prendre le risque de ne pas être couvert par une assurance professionnelle ?), et nous assurer pour notre activité professionnelle. Malheureusement, notre projet à Murat ne nous garantissait pas de progrès sur la question de statut. Or, à quoi bon un diplôme d'État si c'est pour exercer sans protection, comme les professionnels actuels ?

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