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Erasmus des apprentis : pourquoi ça coince encore

04/07/2017

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Un an après le lancement de l'opération EuroApp, visant à réfléchir au développement d'un Erasmus pour les apprentis, le bilan est mitigé. Si l'alliance d'alternance et de mobilité est unanimement reconnue comme un puissant levier d'insertion professionnelle, les obstacles sont nombreux et complexes pour permettre aux apprentis de vivre une expérience de longue durée dans un autre pays de l'Union européenne. 

[Crédit photo : AOCDTF / Florent Pottier.]

 

Une solution contre le chômage des jeunes

Le mal est connu ; les remèdes, aussi. Si certains pays européens (comme la France et l’Espagne) présentent encore un taux de chômage des jeunes autour de 20 %, il est désormais admis que deux leviers peuvent drastiquement inverser la tendance : la formation en apprentissage et la mobilité internationale. Toutes deux améliorent sensiblement l’employabilité des jeunes et facilitent le passage des études au marché du travail.

C’est pourquoi la Commission Européenne a lancé l’année dernière un projet pilote, visant à développer la mobilité longue des apprentis à travers l’Europe. Sur l’initiative du député européen Jean Arthuis, elle entendait envoyer en un an 140 apprentis en séjour Erasmus, afin d’identifier les obstacles, trouver des solutions et –à terme– instaurer un Erasmus de l’apprentissage. Seuls 80 d’entre eux sont aujourd’hui en mobilité.

L’heure est aujourd’hui à un premier bilan, pas vraiment optimiste. Outre le déficit d’image de l’alternance qui persiste dans tous les pays (y compris l’Allemagne, pays modèle où elle est pourtant en perte de vitesse), les barrières sont principalement d’ordre législatif.

 

Lire aussi : Erasmus : scénarios pour un Brexit

Plus on est de pays, moins on rit

La volonté politique est indéniablement là ; c’est sur le terrain que les choses se compliquent. Permettre aux apprentis de 28 pays de partir en mobilité suppose d’harmoniser les règles concernant le statut de l’apprenti, la responsabilité de l’employeur et la validation des compétences. Dans certains pays, la législation diffère même d’une région à l’autre, de quoi compliquer encore plus le travail des députés européens.

Aujourd’hui, le droit français n’est pas franchement motivant pour les employeurs. C’est pourquoi ils privilégient aujourd’hui les voyages de très courtes durées (un mois en moyenne). En permettant à son apprenti de partir, le patron reste responsable en cas d’accident ou même soumis à ses obligations de rémunération et de cotisation.

Malgré tout, la Commission s’obstine et a déjà fait savoir son intention de soutenir la mobilité des apprentis par la création, dès 2018, d’un volet spécifique à la mobilité longue des apprentis dans le cadre du programme Erasmus +. Elle déclare également vouloir se pencher sur un « cadre type pour un apprentissage de qualité », soit une série de préconisation pour harmoniser les pratiques au sein des pays membres permettant la création d’un véritable statut européen de l’apprenti. La France souhaite se montrer proactive sur ce sujet et ne pas attendre les directives européennes pour agir. Le cabinet de la Ministre du Travail fait ainsi savoir que le gouvernement "réfléchit à un objectif chiffré' et fait de "l'apprentissage est une priorité de son action".

 

Découvrez des témoignages vidéos d'apprentis Erasmus sur le site EuroApp :

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