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Langues : pourquoi Molière résiste à Shakespeare

24/01/2018

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Il est deux résultats qui ont de quoi faire rougir l’élève France au sein de la classe européenne : son niveau (trop haut) de chômage et celui (trop faible) en langues étrangères, en anglais notamment. Les progrès 2017 sont bien timides, et interrogent le rapport des Français à leur langue.

 

 

Des œuvres rhabillées à la mode de chez nous

Pour combattre l’envahisseur anglais et défendre coûte que coûte sa place de langue parmi les plus influentes au monde, la France jouit d’une arme longue distance (l’Alliance française, plus de 800 écoles implantées dans 133 pays) et d’un bouclier imperméable, l’Académie Française. Celle-ci publiait au printemps dernier un lexique bilingue visant à valoriser l’usage de la langue de Molière parmi les adeptes des jeux vidéo. Si les formulations conseillées prêtent à sourire (« visionnage boulimique » pour « « binge watching »), la démarche en dit long sur l’importance que cette institution prête au statut de quatrième langue la plus pratiquée sur internet et la cinquième dans le monde. D’autant plus que cette protection renforcée de la langue trouve désormais un écho au sommet de l’Etat, par les saillies désuètes d’Emmanuel Macron ou le rejet de l’écriture inclusive porté par Edouard Philippe. « L’anglais doit être perçu comme un outil, et non comme un concurrent à la langue national », regrettait à ce propos Dr. Christopher McCormick,  Executive Vice Président  d’EF Education First, lors de la présentation du baromètre annuel de compétences en anglais [voir encadré].

Hasard de la géographie, à quelque pas des bâtiments d’EF Education se trouve un lieu très symbolique de cette résistance linguistique : le Théâtre Mogador qui,  contrairement au Châtelet, traduit systématiquement les comédies musicales qu’elle programme. Un choix qui peut sembler risqué lorsque les chansons originales résonnent depuis plusieurs décennies dans l’inconscient collectif et la culture populaire. Après Cats ou Sister Act, c’est actuellement au tour de Grease de subir un petit toilettage à la française, en attendant Chicago l’année prochaine. Si ce choix cause bien des sueurs froides aux puristes, le producteur Stage Entertainment assume, l’objectif étant de proposer des sorties familiales et accessibles au plus grand nombre. Exit donc les surtitres en application au Châtelet ou à La Seine Musicale.

 

Il faut dire que, contrairement à nombre de ses voisins européens, la France n’est guère habituée aux sous-titres, elle qui est réputée de par la monde pour le professionnalisme de ses doublages. Avant les années 2010 et l’arrivée des chaînes multilingues, seules Arte et Canal+ se risquaient aux diffusions en version originale sous-titrée (VOST) et une étude menée par le Media Consulting Group en 2007 avait même démontré que le choix de la VOST entraînait une baisse d’audience d’environ 30 %. De quoi contraster avec certains pays européens pour qui la version originale est la norme audiovisuelle. Mais la propagation d’internet a grandement contribué à changer cet état de fait, notamment pour les adeptes de séries, contraints de se plier aux versions anglophones pour suivre le rythme de diffusion américain. De quoi lier le niveau d’anglais d’un pays à la densité de sa connexion, et créer par ricochet un écart générationnel.

 

 

Lire aussi : L'orthographe est-elle ringarde ?

 

La langue, outil inclusif

Langue internationale des échanges, l’anglais s’est très logiquement imposé sur internet où elle reste la langue la plus utilisée malgré un recul rapide et marqué (75 % des pages en 1998 contre 30 %  seulement aujourd’hui).  Malgré tout, c’est dans la langue de Shakespeare que se véhiculent encore la modernité et l’innovation. Des réseaux sociaux aux travaux de recherche en médicine en passant par les startups, il faut speaker English pour parler actuel. L’emploi n’est pas insensible à cette tendance, qui multiplie les « job datings », s’interroge sur le « lean management » et mise sur le « big data » pour recruter les bons profils.

Enrichissement normal de la langue pour certains, cette évolution n’est pas sans poser quelques soucis sur le plan social. En effet, parce qu’il se sert du net et des nouveaux outils de communication comme vecteurs, l’anglais est mieux parlé par les jeunes générations que par leurs aînés. Le baromètre EF-EPI met en lumière ce phénomène et démontre que chaque génération possède un niveau de langue supérieur à celui des précédentes. De quoi se gargariser d’une progression constante, certes, mais aussi s’inquiéter d’une mise à l’écart d’une partie de la population, moins connectée et donc moins exposée à la langue des échanges. L’anglais peut ainsi participer à la fracturation d'un pays, en tenant éloigné du marché de l’emploi des groupes déjà fragilisés (les seniors, notamment). De quoi expliquer le succès jamais démenti des formations en langues, sur le podium des demandes depuis leur prise en charge par le compte personnel de formation et en constante augmentation selon Pôle Emploi. « Ma patrie, c’est la langue française », déclarait Albert Camus au moment de recevoir le Prix Nobel, soulignant par là le rôle de la langue dans la cohésion d’un peuple.  Ainsi s’explique peut-être la place occupée dernières dans les pages d’actualités par les considérations linguistiques, alors même que la question de l’identité cimente les débats.

 

Baromètre 2017 : mention « bof » pour la France

Aussi prévisible que les sujets de rentrée des classes au journal télévisé en septembre, l’édition 2017 du Baromètre EF-EPI sur les compétences en anglais n’est guère porteur de bonnes nouvelles pour la France, confortablement installée en 32ème position (sur 80) entre le Nigéria et ses voisins italiens. Soit un recul de trois places et un progrès neurasthénique de 0,03 point. Peut mieux faire. Au sein de l’Union, notre bonnet d’âne pèse encore plus lourd puisque nous devons nous contenter d’une 22ème place sur 27.

 

Pourtant, l’Europe reste la championne du monde de l’anglais, la zone géographique la plus anglophile du monde (en-dehors des pays dont il est la langue officielle, bien entendu). Huit des dix premiers du classement se trouvent ainsi sur le continent européen, qui monopolise depuis des années le podium. Plus globalement, le classement 2017 ne présente pas de gros bouleversements : les trois premiers (les Pays-Bas champions, suivis par la Suède et le Danemark) et trois derniers du classement (Libye, Irak, Laos) restent inchangés, et les mouvements restent négligeables, généralement imputables à l’agrandissement du panel sondé et à l’arrivée de nouveaux entrants.

 

En effet, grâce à l’augmentation du nombre de répondants et la meilleure pénétration d’internet, le baromètre mesure pour la première fois le niveau au Bangladesh (46), à Cuba (48) et en Grèce (23).

 

Un bon point peut cependant être décerné à l’hexagone, qui brille par son homogénéité territoriale. En effet, contrairement à une majorité de pays dont le résultat global couvre une fracture villes/province voire capitale/reste du pays, le niveau français est plus ou moins le même partout. Paris n’arrive ainsi que quatrième, derrière Lille, Bordeaux et Toulouse.

 

 

Un salarié sur dix enjolive son niveau d'anglais sur son CV (France 2)

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