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Métier décalé : les tendanceurs sont-ils encore tendance ?

28/01/2016

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Comme l’Octave de Beigbeder, ils décident aujourd’hui de ce que vous aimerez demain. Eux, ce sont les chasseurs de tendances ou « tendanceurs », des grands manitous du « be in » qui murmurent à l’oreille des marques des conseils en cool attitude.  Mais quelle est aujourd’hui leur pertinence, alors qu’il suffit de suivre quelques comptes Instagram pour avoir –gratuitement– un aperçu des modes qui s’imposent ?

 

"Mon travail consiste à anticiper des comportements de consommateurs et, ensuite, à faire du lobbying pour que ça arrive de toute façon." Bravache, un peu provocante, mais pas tout à fait fausse, cette définition donnée à L’Express par Vincent Grégoire, directeur du département « art de vivre » dans une grande agence de prospective parisienne. On n’a, de toute façon, pas mieux à proposer, tant le métier de chasseur de tendance est multiple. Il doit « créer une histoire à partir de microsignes, qui déclenchent un processus global de l'imaginaire - cela va du désirable à l'irrésistible » (F.Bernard). Décrypteur sociologique et analyste, conseiller un peu artiste, il doit proposer à ses clients un aperçu de ce que les consommateurs voudront dans les prochains mois ou les années à venir.

Ceux-ci sont de plus en plus variés. Dans les années 60 (décennies qui les as vus naître), les tendanceurs œuvraient à l’ombre des maisons de couture, la notion de tendance étant associée exclusivement au milieu de la mode. Aujourd’hui, la concurrence dans tous les secteurs est telle que l’on débusque les tendances et innove comme on franchit une ligne d’arrivée : à cent à l’heure et, si possible, en premier. C’est pourquoi la patte des professionnels du « in » se retrouve désormais partout : dans l’hôtellerie, la décoration d’intérieur, la grande distribution ou même l’électroménager domestique !  Les missions sont tout aussi variées, des plus stratégiques aux plus manuelles : repenser une image de marque, guider la réalisation d’un spot de publicité, réaliser la décoration d’une scénographie dans un espace de vente ou dans un hôtel…

Les interlocuteurs des tendanceurs ont également changé. Exit les créatifs, substitués par les équipes marketing et de communication. Car la chasse à la tendance s’insère désormais dans une stratégie globale des clients, qui pousse l’expert à jongler avec les notions d’image de marque, de part de marché et de retour sur investissement. D’où la concurrence, nouvelle mais réelle, des agences de publicité qui proposent des missions similaires et mettent en avant le calcul des retombées de leurs campagnes.  Dans cette ère du tout chiffré, les instituts de sondages sont également perçus comme des indicateurs de tendance souvent utilisés par les entreprises et sont donc autant de menaces pour le chasseur professionnel.

C’est la raison pour laquelle les tendanceurs sortent de formations en commerce ou marketing avant de rejoindre un « bureau de style ». Là, ils peuvent développer leur talent et, surtout, se constituer un carnet d’adresses leur permettant de se lancer en freelance. Nombreux sont ceux qui sautent le pas et abandonnent la tendance pure au profit d’un conseil personnalisé, au plus près du client. Car la demande, elle aussi, a changé. En effet, de nos jours, il n’est pas d’attitude plus tendance que de… sortir de la tendance. A méditer pour les aspirants tendanceurs.

Les mots de la tendance

Le BUZZ est un bouche-à-oreille de grande ampleur et très limité dans le temps. Le consommateur devient alors relais de communication.

En revanche, lorsqu’une idée (ou un produit) ont des répercussions sur les tendances ou les modes de pensée et de vie, l’on parle de… 

PHENOMENE, de quinze jours à six mois

TENDANCE, entre un et trois ans

INFLUENCE, plus de trois ans.

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