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Un accès à l’emploi favorisé par une meilleure connaissance des métiers

13/11/2011

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Agnès Caron, Directrice des ressources documentaires au CIDJ et  responsable du dispositif handicap au sein du Centre a accepté de répondre à nos questions et dresse un bilan précis de la situation du handicap dans le monde du travail aujourd’hui.

Les difficultés que rencontrent les jeunes handicapés pour trouver un emploi sont-elles moindres qu’il y a quelques années ?

Agnès Caron : Les jeunes handicapés sont d’abord des jeunes, de sorte que les difficultés d’accès à l’emploi rencontrées par les jeunes handicapés sont identiques à celles de tous les jeunes, accrues par le handicap.

Or, avec la crise en 2009, l'accès au monde du travail des jeunes diplômés s'est fortement dégradé : le chômage des jeunes a augmenté de 72% en deux ans depuis le début de la crise (Pôle Emploi septembre 2010).

Les jeunes handicapés ont en général un niveau de formation plus faible que les jeunes valides.

En effet, comme leur parcours scolaire est plus ardu, ils en sortent la plupart du temps avec un niveau de qualification inférieur à la moyenne.

Ce qui représente un frein considérable à leur insertion professionnelle. 80% des demandeurs d’emploi handicapés sont de niveau V (CAP) alors que les entreprises recherchent des profils de niveau bac +2. 2.1% des lycéens sont handicapés alors qu’ils ne sont plus que 0.47% dans le supérieur.

Toutefois, certains chiffres sont encourageants car les élèves handicapés accueillis en établissements ordinaires sont aujourd’hui deux fois et demi plus nombreux que ceux scolarisés en structures spécialisés (Insee).

De plus, on dénombre 10 500 étudiants handicapés dans le supérieur, un chiffre qui a doublé depuis 10 ans. Et qui devrait encore augmenter du fait de la scolarisation croissante en milieu ordinaire des élèves handicapés.

L’accès à l’enseignement supérieur est essentiel pour ces jeunes : il renforce leurs chances d’accès à l’emploi, leurs possibilité d’inscription sociale et contribue à gommer les préjugés qui peuvent entourer la déficience.

           Les mesures politiques ont-elles un réel effet ?

Agnès Caron : Malgré les aides publiques à l’emploi, les financements et les interventions de l’Agefiph et du FIPHFP, les actions de recrutement du réseau Cap emploi, ou encore l’augmentation significative du nombre de contrats en alternance (apprentissage et professionnalisation) signés par les personnes handicapées, les demandeurs d’emploi handicapés sont deux fois plus nombreux que l’ensemble des demandeurs d’emploi (source Agefiph/Fiphfp , mai 2011) et le taux d’emploi des travailleurs handicapés n’atteint pas les 6% obligatoires : 4% dans le secteur public en 2009 et 2,6% dans le privé en 2008.

 Sentez-vous que l’attitude des recruteurs à l’égard des travailleurs handicapés change ?

Agnès Caron : Oui, le regard sur l’emploi des personnes en situation de handicap évolue. Les missions handicap se multiplient au sein des entreprises, quel que soit le secteur d’activité et les entreprises renforcent leur politique d’intégration et de maintien des travailleurs handicapés.

Elles signent des conventions et des accords d’entreprise et s’engagent à recruter notamment des jeunes en contrat d’alternance, avec pour certaines, des possibilités d’embauche à l’issue de la formation.

D’une manière générale, dans l’entreprise, les salariés sont plus sensibilisés à la question du handicap. Un baromètre récent réalisé par Handi-partage et IFOP indique qu’1 salarié sur 3 déclare avoir changé de regard sur le handicap au cours des 3 dernières années. L’expérience, le vécu personnel ou professionnel, demeurent les raisons principales à ce changement.

·        Quelles sont les principales difficultés que rencontrent les jeunes handicapés au moment de s’orienter, au moment de chercher un travail ?

Agnès Caron : Les jeunes handicapés et leurs familles se heurtent à un manque d’information pertinente sur les possibilités de transition vers l’enseignement supérieur et l’emploi. Lorsque qu’un jeune handicapé, comme n’importe qui, finit pas savoir ce qu’il veut faire, ce n’est pas simple car il doit chercher un établissement qui va l’accueillir.

Chaque jeune et sa famille est conduit à mener une enquête individuelle car personne n’est en mesure de lui indiquer le niveau d’accessibilité de l’université, de l’IUT ou de l’école d’ingénieur qui l’intéresse.

C’est pourquoi, le CIDJ a mis en place, depuis 2 ans un dispositif d’aide à l’orientation et à l’insertion professionnel des jeunes handicapés qui comprend un répertoire national sur l’accessibilité des établissements d’enseignement supérieur ainsi que des forums de rencontre entre les entreprises et les jeunes en situation de handicap.

A ces services s’ajoute la possibilité de bénéficier d’entretiens personnalisés avec les conseillers du CIDJ et les conseillers d’orientation psychologue du CIO Médiacom, tous formés à la question du handicap pour assurer aux jeunes un accueil adapté et les aider à définir un projet professionnel solide. 

Quelles sont les aides concrètes que les jeunes peuvent espérer trouver au forum ?

                  Agnès Caron : Le forum, organisé au CIDJ le 29 septembre dernier, a permis aux jeunes de rencontrer des entreprises qui                                                     recrutent dans tous les domaines d’activité et à différents niveaux d’étude, de consulter des offres d’emploi dans les secteurs ordinaire et adapté. Ils ont également pu bénéficier d’entretiens personnalisés avec des conseillers du CIDJ et d’autres professionnels d’organismes spécialisés pour les aider à construire un projet professionnel, en fonction de leurs goûts, des contraintes liées à leurs problèmes de santé et de la réalité (niveau scolaire, compétences, marché de l’emploi…).

·         Vous poursuivez un lourd travail en répertoriant les établissements qui peuvent accueillir les jeunes en situation de handicap. Avez-vous des retours sur la façon dont ce travail a pu aider à la formation de ces jeunes gens ?

Agnès Caron : Ce répertoire a été créé afin de palier le manque d’information sur l’accessibilité des établissements de formation. Il a pour objectif de promouvoir l’accès aux études supérieures, gage d’une meilleure insertion professionnelle. Ainsi, les jeunes handicapés ont désormais un outil d’information sur Internet qui les aide à choisir leur formation en connaissant l’accessibilité des espaces, des services et des équipements des écoles concernées.

Nous avons bien entendu testé le répertoire auprès de jeunes étudiants handicapés. Les retours sont très positifs :

- Les étudiants interrogés trouvent le répertoire complet.

- Ils soulignent la précision des informations et l’utilité de l’échelle d’accessibilité. 

- Il n’y a pas d’informations superflues et les informations sont claires.

- Le répertoire est un outil qui les aide efficacement dans leur choix d’orientation.

Les jeunes handicapés sont-ils plus confiants, osent-ils davantage s’investir dans leur avenir ?

Agnès Caron : Si les jeunes handicapés ont accès à une information claire et adaptée à leur âge ou à leur niveau de compréhension, qu’ils connaissent leurs droits et les différents réseaux et outils spécialisés, ils sont plus autonomes et mieux armés pour comprendre et se connaître et donc pour avancer et aboutir à une insertion réussie.

C’est pourquoi, de plus en plus d’acteurs de l’orientation et de l’insertion se mobilisent pour aider les jeunes à se construire des représentations plus réalistes du monde du travail et des métiers existants (stages, échanges avec des adultes handicapés en emploi..), à prendre conscience de ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire compte tenu de leur niveau, de leurs compétences ou de leur handicap, mais aussi des aides techniques et humaines à leur disposition. 

De plus, la présence de plus en plus fréquente de services d’accueil des étudiants handicapés, avec des personnels sensibilisés au handicap, dans les universités et plus généralement dans les établissements d’enseignement supérieur, concourent à faciliter leur intégration.

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